18 juin 2009
Ma première expérience Velib
Ca me tentait depuis longtemps. Je me voyais déjà en short et les cheveux dans le vent. Très écolo en bicyclette. Bon après, c'est qu'un Vélib, un peu lourd avec son panier de campagne très modèle.
J'en rêvais jour et nuit, je me voyais arpenter Paris à l'air libre. Mieux, je me voyais éviter le métro.
Alors j'ai proposé à l'amoureux une escapade et pas une petite. Montmartre.
Départ du 14ème sud, quand même. Mais on l'a bien senti. Alors on s'est pointé à la borne. Elle a mangé nos cartes bleues en écrivant 150 euros, j'ai eu un peu peur mais j'ai compris que c'était juste si d'un coup d'élan, mes mauvais contrôles et moi, on finissait dans la Seine. Faudrait bien racheter un Velib pour Paris, ce serait con de perdre un Vélib au fond de l'eau, franchement.
Un vélib qui se noie. Oh, mince.
On démarre et on chante.
Oui, au début tu chantes.
Après tu remarques un truc, c'est l'absence rétro. Tu tournes la tête dans tous les sens. Une, deux. Hop pour faire de toi un super pilote-Vélib.
Tu finis par te souvenir des histoires rocambolesques que l'on t'a raconté. Les portières qui s'ouvrent avec des gens un peu bêbêtes qui n'ont pas regardé avant, que toi tu t'écrases le menton. Et après, tu perds 150 euros parce que le Vébib s'est encastré dans une portière.
Oh, mince, un Vélib dans une portière.
On roule presque sereinement même si on se fait des petites peurs. A ce moment là, j'ai le monde à mes roues. Eh ouais.
L'amoureux passe au orange, ma foi je m'arrête et il crie que j'aurais pu venir.
Naturellement. Je pourrais être plus fun surtout que j'avais le temps.
Je me dis qu'on n'est pas arrivé mais il fait beau, on se croirait quatre heures de l'après-midi.
Un feu orange.
L'amoureux passe.
Allez, sois fun que je me dis. Suis-le, il va prendre 200 mètres et tu as le temps.
Accélération. Accélération. Je suis fun.
La police aussi.
Klaxon. Arrêtez-vous s'il vous plait, les mains sur la tête.
Oh, un Vélib qui se fait arrêter par la police, oh mince, pauvre Vélib.
On n'a pas grillé de feu, je veux rentrer chez moi, ouin ouin.
Après ils ont parlé comme des policiers puis ont rédigé deux beaux PV. Un chacun quoi.
L'arnaque. En voiture, on peut diviser la prune par 5 ou même 7 s'ils sont serrés sur le siège arrière quoi.
C'est franchement pas juste.
Le policier me tend mon beau PV de 22 euros en me disant "Vous savez comment ça marche ?"
Et là, les amis, j'ai joué la carte de l'humour. J'ai été hilarante. Fière de moi. Je réponds :
"Oui, oui, j'ai une voiture"
Genre trop fun, genre ça m'arrive souvent tu vois. Je te connais policier.
Amende Majorée.
Non c'est faux, il m'a juste répondu "En voiture, ça aurait été 90 euros".
45 chacun, on s'en sort mieux en vélib en fait.
Après ils sont partis, je savais plus trop où aller et l'amoureux rigolait un peu. Bon, on a coupé court à l'expérience, très bonne. J'ai chopé un mal de crâne énorme, celui qui me vient quand je me crispe et que les muscles du cou font un truc étrange qui me tiraille, une horreur. Un médicament, il me faut de l'eau pour avaler mon médicament.
Un super advil de la vie.
On pose nos Vélib à une station proche, j'essaie d'emboîter le machin. Une fois, deux fois, je relève les yeux pour quémander mon amoureux, à l'aide à l'aide, mon vélib fait des caprices.
Pas d'amoureux.
Vélib rangé.
Rue calme.
Amoureux ? Amoureux... euh euh euh, où où es es tu tu...
Eh oh...
OH.
Peut-être je suis morte et c'est le fond de la Seine.
Ou peut-être mon amoureux avait un Vélib maléfique. Ou bien la police est revenue et l'a emmené.
Toma.
TOMA.
Alors après j'ai commencé à crier comme une folle dans la rue. Les gens m'ont regardée bizarrement.
J'arrivais plus à respirer, j'ai cru que je me réveillais d'un beau rêve déjà fini. Quoi Quoi.
Comme une petite fille qui perd maman et papa dans une foule par inadvertance.
Au secours. J'ai vraiment eu peur, peur de ne jamais le revoir.
Puis il est revenu avec une bouteille d'Evian.
Pour mon médoc. Faut voir comment j'avais monté mon caprice aussi.
On est reparti à pieds, heureux, manger en terrasse, mais manger un peu moins.
On venait de dépenser pas mal d'argent quand même.
Bon, à refaire sans feux, sans police. J'aimerais bien me réconcilier avec la bête.
13 juin 2009
Mon ostéopathe veut me revoir
Je me suis souvent dit qu'en plus d'avoir les méninges un peu en vrac (je réfléchis beaucoup et vis dans un monde très étrange tu sais. N'aies peur), mon corps devait en subir quelques conséquences. Un esprit tordu dans un corps tordu.
C'est vrai qu'avec chéri on innove pas mal de postures. Quand on s'étire à la fin d'un bon footing.
Mon médecin m'a bien dit : prends rendez-vous (on se connaissait même avant que je dépasse les un mètre cinquante) chez un osthéo, ton bassin est de travers.
Et pour ne pas faire les choses à moitié, je suis tombée dans le métro la semaine dernière. Je me suis cabossée et j'en passe, histoire que y ai du boulot tu vois. Avec mes migraines névralgiques (superposition de mots techniques non corrélés) quand j'ai mal à la tête, j'ai plutôt mal au cou, et un peu aux yeux, que j'en aurais presque envie de vomir. Alors bon, ce matin, pas épilée et de bonne humeur, je suis venue lui raconter mes problèmes en misant beaucoup sur le fait que, qui sait, je repartirai droite comme une baguette, trop fière. Sutout qu'après déconne pas, je file me faire une couleur de cheveux. Ma journée est star mec.
Tandis que ma culotte rose non assortie au soutien gorge se sent seule au milieu du cabinet, je pressens comme un grand jour. L'expression de mon corps, sa renaissance. Aujourd'hui, je suis à lui.
Je me mets sur la table et l'ostéo me fait craquer dans tous les sens.
Du terme, non.
Il me retourne et il se sent fier. On va l'avoir, qu'il dit. On va l'avoir, relâchez la tête, tenez-moi bien et on va l'avoir. Et quand ça craque, crois-moi, il est heureux, c'est sa victoire à lui.
Puis il me remet les vertèbres. "On sent bien comme elle roule".
Tu m'étonnes.
Quelques vertèbres et douleurs plus loin, il s'attaque à mon cou et le chauffe pour bien le préparer. Exercice terminé, mon ventre démarre des bruits étranges. C'est sa libération. Je vois pas le rapport mais mon corps, si. Et l'ostéo, bien :
"Votre ventre gargouille, c'est normal, vos vertèbres sont d'aplomb. Et oui, vertèbres en place, ventre qui fait glouglou".
Ma foi, je reste zen.
A la fin de la séance à 65 euros le cou de rechange, je lui demande ce qu'il va se passerà l'avenir, quand mon corps va revenir à la normale. Il m'explique que le mieux c'est de trouver un ostéo avec qui je me sens bien, histoire de venir voir tous les 6 mois où j'en suis.
Puis discrètement, il ajoute : rappelez-moi avant l'hiver.
C'est vrai qu'avec lui, je me sens comme un poisson dans l'eau.
Glouglou.
Je suis repartie heureuse, avec la sensation étrange d'avoir de l'air dans mon corps.
Glouglou.
10 juin 2009
Petit guide de survie dans les transports en commun
C'est la loi de Murphy. Un peu comme la tartine tombe toujours du mauvais côté, il y a des matins où moi je tombe sur le mauvais métro. Méchante nature fait son travail et moi je suis au bord de la crise de nerfs. Mais heureusement il existe quelques solutions pour ces moments de panique où le métro ralentit, s'arrête et me perd au milieu d'une foule incommensurable.
Perdue dans la foule et blottie contre tous dans la rame, j'écrase des tas de pieds pour ensuite recevoir quelques regards méchants. Je me dis alors que je peux toujours trainer des pieds. Si je traine des pieds, je sens les obstacles. Et si je sens les obstacles, j'évite le pire. Sauf de me faire marcher dessus.
Je peux fermer les yeux et imaginer que je suis à la mer avec Tata Simone comme quand j'étais petite et que je pensais que le métro c'était un grand train pour les grandes villes, qui allait vite et où il y avait des couchettes pour tout le monde.
Je peux plaindre les agents qui sont payés à crier « Éloigner vous du quai » ... « Laisser descendre » Mais enfoncez-vous à l'intérieur !
Je peux mettre de la musique et regarder si ça va bien avec la tête des gens. Qui n'est jamais tombé sur LA musique dans sa voiture qui accompagnait parfaitement la démarche du piéton quelques mètres plus loin ? Bon et bien là, je m'amuse à comprendre les émotions de la foule en mettant les chansons bohème de l'instant.
Je peux lire par dessus les épaules d'un monsieur.
Je peux descendre de la rame, chercher de l'air et me rendre à pied à destination
Je cherche un beau monsieur, fort et propre, contre lequel ça ne me fera pas trembler de peur que d'être collée de chez collée. Et après, je ne risque plus rien.
Je peux manger aussi. Parce que ça réconforte toujours un bon carré de chocolat. Je laisse mes papilles travailler, je me concentre sur le goût, j'oublie tout.
J'en profite pour faire le tri du mois de mon portable, parce que la boîte de réception va exploser, la boîte d'envoi est déjà pleine, parce que l'album photo mérite que je vire quelques photos compromettantes de moi quand Copine Cléa m'a prise le nez rouge et les pattes en l'air.
Je relativise : j'aurai pu être contre des gens plus transpirants que ça, je vais peut-être être dans quelques journaux, ce ne sont que quelques minutes ou heures de ma vie dans toute cette éternité et puis au moins, moi, je pourrai dire que j'ai connu l'enfer.
07 juin 2009
Copine de Tram
C'était un soir de juin. Un soir comme on aime, où la journée passe mais où le soleil reste. Les jours s'allongent. Et magnifiquement on se dit qu'on est encore avant le solstice. C'est bon ça.
Oui, j'ai vérifié l'orthographe sur Google.
On prenait le TRAM en amoureux. C'est bien le TRAM.
En amoureux. On regarde le paysage et moi je murmure "Allez, on fait des projets". J'ai toujours envie de faire des projets dans le TRAM. Y a comme un goût de voyage, des promesses à la perfection.
Entre Porte de Vanves et Porte d'Ivry.
On s'est assis dans un carré et dos à la marche. Comme pour la surprise.
Et puis elle pleurait. La jeune dame, la demoiselle, assise en face de moi. Elle pourrait être ma copine, ma grande sœur. Elle a reniflé un grand coup que j'ai pensé Oh t'es pas gênée, mais elle est repartie de plus belle dans un éclat de larmes. Oh non, je voulais pas te faire pleurer. Elle me regardait.
Je ne fais pas pleurer moi. Je ne sais pas faire pleurer.
Et pourquoi le Monsieur à côté de toi ne te console pas ? Il a l'air d'être ton amoureux, non ?
Dans ce beau carré, nous étions donc à taper du pied sur notre amour en musique, sur nos projets d'oreille à oreille, tandis que le joli couple face à nous tapait sur les sentiments qu'un beau soir de juin peut parfois faire valser. On aurait dit. Et de son regard à elle, en larmes, à son regard à lui, déconcerté, moi j'ai presque voulu fermer les yeux.
J'ai peur des histoires qui finissent.
Attention, voilà qu'un nouveau protagoniste intervient. Monsieur je-protège-la-femme-moi se ramène de loin et regarde la gentille Demoiselle : ça va aller ?
Je lui en ai voulu parce que j'aurais bien aimé lui poser la question à copine-du-tram. Juste que je n'osais pas.
Il en a ajouté dix couches et il a terminé par "Vous vous êtes fait battre Madame ?" en regardant de travers l'amoureux au regard déconcerté.
Et l'amoureux m'a semblé classe "C'est une histoire de couple je vous dis".
Merde.
Tout ce que je craignais quoi.
Elle pleurait et pleurait. Et puis ils sont descendus. Ne me dites pas que c'est fini. Qu'un beau soir de juin comme ça, alors qu'elle s'est levée ce matin comme tous les matins, son amoureux a pu démolir sa vie, pour rien. Pour rien.
Ne me dites pas qu'elle n'a rien vu venir et que ça lui a fait mal au ventre.
J'ai trop peur des maux de ventre.
Bon, bah copine du TRAM, si tu vois ce message, passe-moi le numéro de ton ex amoureux, il était franchement pas mal.
BLAGUE.
J'espère juste que tu te réveilles dans ses bras et que demain tu seras dans le TRAM. Même heure.
Allez.